La paroisse de l’Ange-Gardien

Je vous ai dit dans mon article de la semaine dernière que je vous parlerais de l’élection des premiers marguillers de la paroisse de l’Ange-Gardien, où s’établit l’ancêtre GOULET en mai 1658, après avoir habité à Château-Richer (paroisse voisine) et à Sillery (près des Plaines d’Abraham). Pour ce faire, je vous raconte une anecdote pour ne pas dire un drame survenu à cette époque, raconté par l’Abbé René-E. Casgrain, curé de l’Ange-Gardien, dans son livre « Histoire de la paroisse de l’Ange-Gardien » publié en 1920, et qui raconte certains événements de cette paroisse à partir de documents conservés par l’Archevêché de Québec.

L’histoire de l’Ange-Gardien remonte au même moment où Québec a été habité par les premiers colons. Situé à environ 10 kilomètres de la ville de Québec, elle s’étend à partir des Chutes Montmorency (274 pieds-83 mètres de haut) jusqu’à la Rivière du Petit-Pré, à la limite de la paroisse de Château-Richer (à ce moment, la municipalité de Boischatel n’existe pas encore, et son territoire sera pris à même celui de l’Ange-Gardien en 1920).

Au début de la colonie, l’abbé Gilles Nicolet visita occasionnellement les habitations de la Côte de Beaupré jusqu’en 1647 et par la suite par l’abbé Vaillant. Pour tous les besoins sacerdotaux, les habitants se rendaient à l’église de Château-Richer à environ 8 kilomètres. Le 2 février 1660, Monseigneur de Laval, lors de sa première visite pastorale sur la Côte de Beaupré, fait la promesse aux habitants de l’Ange-Gardien, qu’ils auront une église paroissiale et un prêtre pour les desservir régulièrement.

En 1662, Mgr de Laval se rendit en France, auprès du roi, pour défendre les colons de la Côte de Beaupré, car la Compagnie des Cent Associés, mandataire du roi pour le développement de la Côte abusait des privilèges obtenus, et ne faisait rien pour aider les colons, mais ne songeait qu’à s’enrichir. Tous les colons du pays eurent à souffrir de cet état des choses. Le découragement était devenu tel que dans les campagnes, on alla jusqu’à proposer d’abandonner le pays et retourner en France

Ce fut pendant l’absence de Mgr de Laval (il faut penser en terme de l’époque: un voyage aller-retour en France pouvait facilement prendre 2 ans), en 1663 que se produisit en Nouvelle-France les terribles phénomènes qui répandirent l’épouvante dans toute la colonie, et principalement à l’Ange-Gardien.

Les désordres causés par la boisson furent si considérables après le départ du prélat, que les grands vicaires et les Pères Jésuites se virent obligés de publier l’excommunication contre tous ceux qui faisaient le commerce de l’eau de vie, mais en vain, car les scandales redoublèrent. On était l’hiver, en plein carnaval, (preuve que le Carnaval de Québec n’est pas une invention du dernier siècle) et le plaisir battait son plein dans toute la Nouvelle-France. Le Lundi Gras, 5e jour de février 1663, bien des gens avaient commencé à célébrer le carnaval, lorsque vers 17 heures 30, on sentit dans toute la colonie, un frémissement de la terre. Les cloches des églises et les timbres des horloges sonnaient, les maisons étaient agitées et les meubles renversés, les cheminées tombaient, les glaces sur le fleuve St-Laurent étaient soulevées et brisées. La première secousse dura 10 minutes, suivie de plusieurs autres. Ces tremblements continuèrent jusqu’en août, soit 6 mois. Les jours de carnaval ont alors changés en jours de pénitence. Les curés n’ont jamais entendus d’aussi nombreuses confessions. En 1663, la colonie repassait directement sous la gouvernance du roi de France.

En l’an 1664, le 18 octobre, après une messe célébrée dans la maison de Jean Trudelle, voisin de Jacques Goulet (à l’époque, il arrivait souvent, faute d’église, que la messe soit célébrée dans la maison d’un habitant, lorsqu’un prêtre était de passage dans la paroisse). Après la messe, pour la première fois, les habitants présents, au nombre de 22, procédèrent à l’élection de trois marguillers afin de prendre en charge la construction d’une église. Le premier marguiller fut Jacques Goulet, pour 1 an, le deuxième fut Raymond Pagez et le troisième Pierre Maheux, pour 2 ans. Ils sont alors chargés de recueillir les dons et les aumônes pour la construction d’une église et d’un presbytère.

La construction le l’église fut mise en marche aussitôt par les marguillers et les colons. On sait que l’église fut complètement bâtie en 1670, car un premier baptême eut lieu le 6 avril de cette année. Il y avait, à ce moment, 30 familles à l’Ange-Gardien.

Église A-G

[1] L’Ange-Gardien, 1829, James Pattison Cockburn, Archives nationales du Canada;

[2] L’Ange-Gardien below Quebec, 1889, H.R.S. Burnett, Royal Ontario Museum;

[3] Église de l’Ange-Gardien, vers 1960, Collections Canada.

  • Ces photos proviennent du site de la Collection Mémoires et thèses électroniques de l’Université Laval

Voici donc quelques pages de l’histoire vécu par l’ancêtre et sa famille, tout comme tant d’autres colons de l’Ange-Gardien et d’ailleurs. Ces histoires nous donnent une image de la vie de nos valeureux ancêtres.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine alors qu’il sera question des PEPIN, PÉPIN, LACHANCE, LAFOND, tous d’une même famille.

BONNE SEMAINE!

 

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